12 idées reçus sur les chats

Quelques idées reçus sur le quotidien de nos chats

 

« Un chat est solitaire et n’a pas besoin de compagnie. »

Longtemps présenté comme indépendant et détaché, le chat est en réalité également capable de nouer des relations étroites avec les êtres qui partagent son foyer. S’il vit dans une famille, la privation de contact avec ses partenaires crée un véritable manque, pouvant aller jusqu’à de sérieuses manifestations de détresse.

« Les chats peuvent étouffer les bébés. »

Souvent évoqué par les parents légitimement inquiets, cet accident semble en réalité ne jamais arriver. Cela ne signifie pas qu’il est impossible, mais sa probabilité est infime : le chat apprécie le lit du bébé, mais s’y couche plutôt lorsque l’enfant n’y est pas, le sommeil profond exigeant une parfaite tranquillité. En présence du nourrisson, il se couche instinctivement à ses pieds. En général, la présence du bébé le dérange et il part dans un lieu plus isolé lorsque la place est occupée…

« Les chats ne voient pas la télévision. »

Ils la voient très bien, au contraire ! Certains accourent même au générique de leur émission favorite. En fonction de leur tempérament, ils se désintéressent parfois de ces images sans odeur ni interaction possible, mais voir et entendre une souris dans le poste déclenche au minimum une observation de quelques instants !

« Le chat fait ses griffes pour les user (ou pour les aiguiser). »

Cette activité serait-elle une sorte de soins de manucure ? Il suffirait alors d’entretenir la longueur des griffes pour qu’elle disparaisse… ce qui n’est pas le cas ! En réalité, lorsque le chat fait ses griffes, il s’étire, se détend, et dépose des marques visuelles et odorantes, et sans doute aussi des phéromones. Dans certains cas, les griffades sur un support inapproprié déclenchent une réaction de poursuite des maîtres, jeu apprécié par le chat. Le choix du lieu et du moment des griffades est encore un peu mystérieux, ce qui ne nous permet pas de les anticiper à coup sûr, et donc de les réorienter de manière efficace.

« Tous les chats sont instinctivement propres. »

L’organisation territoriale du chat le conduit effectivement à adopter un site d’élimination précis, mais l’emplacement et le support choisis ne sont pas toujours satisfaisants pour les maîtres ! À eux de proposer un site plaisant, accessible et approprié à leur chaton…

« Un chaton ne s’éduque pas. »

La réputation d’indépendance du chat est à l’origine de cette idée reçue. Les apprentissages sont plus difficiles que pour le chien, mais il est parfaitement possible de faire respecter des règles de vie et d’obtenir l’obéissance à des ordres simples.

« On peut adopter un chaton dès qu’il mange des aliments solides. »

Il ne faut pas confondre le sevrage alimentaire (passage à une alimentation solide), qui se situe entre quatre et six semaines, et la fin de l’éducation maternelle, qui ne survient qu’après deux mois.

Le législateur français, soucieux du bien-être animal, a fixé à huit semaines l’âge minimum pour la cession des chatons. Le choix de cet âge est judicieux : le chaton a alors déjà beaucoup appris de sa mère. Il est sevré, propre, relativement autonome et a acquis la plupart de ses autocontrôles.

« Les chats castrés passent leur temps à manger et à dormir. »

C’est l’activité principale de tous les chats ! La stérilisation ne supprime que l’activité sexuelle, les autres comportements ne sont pas modifiés. Les conditions de vie stimulantes, la présence de proies nombreuses et le tempérament du chat sont des facteurs favorisant l‘activité. La dépense énergétique et l’alimentation doivent être ajustées pour que le chat se maintienne en forme.

« Les croquettes sont mauvaises pour la santé. »

Cette idée repose sur des incidents survenus il y a quelques dizaines d’années, à une époque où les besoins des chats étaient mal cernés et les formules des aliments en cours de mise au point. Aujourd’hui, non seulement ce n’est pas vrai, mais les croquettes de bonne qualité sont mieux adaptées à l’alimentation du chat que les aliments humides ou semi-humides.

« Les chats sont difficiles, ce sont des gourmets. »

Les chats sont simplement plus sélectifs que les chiens : hormis les aliments qu’ils apprécient, ils ne mangent pas facilement d’autres mets. En fonction de leur histoire, de leurs expériences, ils acceptent une gamme plus ou moins étendue d’aliments. Les chats savent distinguer les aliments de qualité. Pourtant, à court terme, ils sont bien faciles à tromper ! Attirés par les aliments gras ou très riches en protéines, leurs critères de choix ne reposent pas sur la qualité diététique des aliments, mais simplement sur la présence d’éléments savoureux qui déclenchent une consommation immédiate (seule la digestion conditionnera le retour ou non à cet aliment).

« Le plus simple est d’éliminer les groupes de chats qui dérangent le quartier ! »

Si des chats sont présents, c’est que les lieux s’y prêtent. Déloger leurs occupants revient à libérer la place pour leurs remplaçants, qui s’installent en général en moins de six mois. Les « exterminateurs » se lancent donc dans une tâche qui n’a jamais de fin ! Nous espérons vous avoir convaincu que les stratégies qui tiennent compte de l’éthologie du chat ne sont pas des arguments dictés par la sensiblerie, mais de véritables solutions économiques et – ce qui ne gâche rien – sensibles !

« Le chat transporte des maladies. »

Comme tout être vivant, le chat véhicule un certain nombre de germes et de parasites transmissibles à l’homme, et dont la seule évocation (rage, toxoplasmose, teigne, toxocarose…) fait frémir. Heureusement, une hygiène minimale (se laver les mains régulièrement ou empêcher les enfants de jouer dans les bacs à sable publics) permet d’éviter les contaminations. Songez aussi que les rongeurs sont également porteurs de maladies transmissibles à l’homme et au chien, dont la leptospirose, mais aussi la peste et la lèpre.

Tiré de l’excellent livre « Guide pratique du comportement du chat » de Edith Beaumont-Graff/Nicolas Massal

 

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